Chroniques boréales
Récit

Extrait où des immigrés originaires d’une extrémité et d’autre de la Terre, et échouées dans ce pays polaire qu’est la Suède, tentent de lutter contre un ennemi aussi pernicieux que celui qui les a poussé loin de leur terre natale: la Solitude.
« Lorsque j’étais étudiant à Paris, j’avais un ami mexicain. Il s’appelait César et faisait à l’époque des études de droit. Il voulait débarrasser l’Amérique de Sud de tous ses tyrans. Dans sa petite chambre à la Cité Universitaire, j’écoutais souvent El pueblo unido jamas sera vencido. Etant d’origine kurde, je chérissais autant que César dans les chansons des Américains du Sud les mots de liberté, révolution, justice, d’amour et d’amitié. Je pouvais facilement comprendre ces mots-là et les besoins des peuples meurtris.
Patricia et Carlos viennent tous deux du centre du Chili. Elle, de la capitale, Santiago, et lui d’une ville qui donne sur la mer et qui a les syllabes du paradis : Valparaiso. La musique les a liés pour toujours. Ils jouent et dansent dans deux groupes dont les noms remontent loin, très loin, dans l’histoire du continent américain.
Patricia me parle comme César le faisait à Paris, il y a une quinzaine d’années. Sachant la culture indienne menacée, elle veut en faire connaître les couleurs aux habitants de la Botnie et du monde entier, si bien sûr elle le peut. Leurs deux groupes sont ouverts à tous les compatriotes chiliens, c’est-à-dire, à tous les citoyens du monde. Le mot « patriotisme » reçoit de toute évidence un sens nouveau.
Patricia et Carlos veulent jouer, chanter, se faire et me faire plaisir. Ils choisissent un poème de Violeta Parra, née en 1917 à San Carlos, au cœur du Chili. […]
Pablo arrive avec quatre jeunes Suédois, des compatriotes. Sven, l’un d’entre eux, prend la guitare et nous chante de vieilles chansons de son terroir, très mélancoliques. Il connaît la mélodie de El pueblo unido jamas sera vencido, mais il en ignore les paroles. Patricia en donne la traduction. Il s’agit encore et toujours de la lutte pour la liberté, l’amour, une vie meilleure, la sérénité.
En Botnie, on ignore les tyrannies et la misère qui terrorisent la plus grande partie de la planète Terre, mais un ennemi pourtant y guette tous, Suédois et étrangers. Cet ennemi demeure invisible, silencieux, pernicieux. Il a le visage de l’indifférence.
En Botnie, nous avons grand besoin de ce magnifique refrain venu de très loin : El pueblo unido jamas sera vencido. Nous en avons besoin plus qu’en Amérique Latine, au Kurdistan ou n’importe quel autre coin reculé du vaste monde.
« Lorsque j’étais étudiant à Paris, j’avais un ami mexicain. Il s’appelait César et faisait à l’époque des études de droit. Il voulait débarrasser l’Amérique de Sud de tous ses tyrans. Dans sa petite chambre à la Cité Universitaire, j’écoutais souvent El pueblo unido jamas sera vencido. Etant d’origine kurde, je chérissais autant que César dans les chansons des Américains du Sud les mots de liberté, révolution, justice, d’amour et d’amitié. Je pouvais facilement comprendre ces mots-là et les besoins des peuples meurtris.
Patricia et Carlos viennent tous deux du centre du Chili. Elle, de la capitale, Santiago, et lui d’une ville qui donne sur la mer et qui a les syllabes du paradis : Valparaiso. La musique les a liés pour toujours. Ils jouent et dansent dans deux groupes dont les noms remontent loin, très loin, dans l’histoire du continent américain.
Patricia me parle comme César le faisait à Paris, il y a une quinzaine d’années. Sachant la culture indienne menacée, elle veut en faire connaître les couleurs aux habitants de la Botnie et du monde entier, si bien sûr elle le peut. Leurs deux groupes sont ouverts à tous les compatriotes chiliens, c’est-à-dire, à tous les citoyens du monde. Le mot « patriotisme » reçoit de toute évidence un sens nouveau.
Patricia et Carlos veulent jouer, chanter, se faire et me faire plaisir. Ils choisissent un poème de Violeta Parra, née en 1917 à San Carlos, au cœur du Chili. […]
Pablo arrive avec quatre jeunes Suédois, des compatriotes. Sven, l’un d’entre eux, prend la guitare et nous chante de vieilles chansons de son terroir, très mélancoliques. Il connaît la mélodie de El pueblo unido jamas sera vencido, mais il en ignore les paroles. Patricia en donne la traduction. Il s’agit encore et toujours de la lutte pour la liberté, l’amour, une vie meilleure, la sérénité.
En Botnie, on ignore les tyrannies et la misère qui terrorisent la plus grande partie de la planète Terre, mais un ennemi pourtant y guette tous, Suédois et étrangers. Cet ennemi demeure invisible, silencieux, pernicieux. Il a le visage de l’indifférence.
En Botnie, nous avons grand besoin de ce magnifique refrain venu de très loin : El pueblo unido jamas sera vencido. Nous en avons besoin plus qu’en Amérique Latine, au Kurdistan ou n’importe quel autre coin reculé du vaste monde.
Ed. L'Harmattan, Lettres Kurdes
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