samedi 22 novembre 2008

Réunion d'information sur les études kurdes



Les professeurs et les étudiants du département kurde au sein de l'INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) vous invitent à une réunion d'information sur les études kurdes et le département de Kurdologie de l'INALCO le vendredi 12 décembre prochain de 14h à 18h.
Le programme de la journée comprend une présentation de l'histoire et de la géographie du Kurdistan, un panorama de la littérature et culture kurde, histoire de la recherche de kurdologie en France et au sein du département. Sera mis également en place un stand de livres et revues kurdes.
L'objectif de la journée est de promouvoir l'enseignement de la langue et civilisation kurde et valoriser le cursus universitaire de kurdologie afin de le faire connaître auprès d'un plus large public et désireux d'en suivre l'enseignement. Le cursus de kurdologie peut déboucher sur un diplôme d'Etat de niveau licence ou master. Il est possible également d'obtenir un diplôme d'établissement certifiant d'un niveau de langue en l'absence du diplôme d'Etat.
Adresse:
Salle B7 Centre INALCO Clichy
104-106 Quai de Clichy
92110 Clichy
Métro ligne 13, station Mairie de CLichy

Historique de l’enseignement de la langue kurde à l'INALCO:
Le kurde est enseigné à l’INALCO depuis 1948. Dès le début seul le dialecte kurmandji y était enseigné. A partir des années soixante un enseignement de l’autre dialecte du kurde, le sorani, est introduit dans le programme. Puis un cours d’histoire des Kurdes est créé, suivi plus tard par un cours de civilisation des Kurdes. Au milieu des années soixante-dix, l’enseignement porte essentiellement sur le dialecte sorani, en prenant en considération la reconnaissance de ce dialecte comme langue officielle d’une région kurde autonome en Irak. Dès 1985, le politique de l’enseignement tente à trouver une équilibre dans l’enseignement des deux dialectes kurdes : le Kurmandji, langue de la majorité des populations kurdes, le sorani, reconnu désormais comme la deuxième langue nationale de l’Irak au même titre que l’arabe. Depuis 2000, les deux dialectes sont enseignés de façon équilibrée dans les diplômes de l’INALCO. Chacun bénéficie de la moitié des cours donnés.

Place de la langue kurde dans l’offre parisienne, nationale et européenne:
L’enseignement du kurde à l’INALCO constitue le seul au niveau universitaire non seulement à Paris mais en France aussi. C’est en même temps le centre le plus important sur la place des capitales européennes, notamment par rapport à l’université libre de Berlin et l’université d’Uppsala en Suède, là où l’enseignement du kurde est important et bénéficie d’un programme riche et soutenu. On délivre à l’INALCO depuis quelques années une licence de kurde. Jusqu’à l’année dernière, les étudiants pouvaient même préparer un DREA.
Il s’agit d’une langue qui n’a pas été promue au niveau de langue nationale avant 2006. Son éparpillement entre dialectes et parlers locaux ainsi que ses rapports conflictuels aux pouvoirs, passant d’une langue interdite à une langue permise pour repasser encore de nouveau à une langue interdite, constituent les traits majeurs de la langue kurde. Il faut ajouter qu’elle s’écrit en plusieurs alphabets, arabo-persan, latin et cyrillique.

Publics, poursuites d’études, débouchés :
Cet enseignement vise les étudiants qui s’intéressent à la langue kurde comme la première langue de formation universitaire, les étudiants des autres universités parisiennes, les étudiants de SOCRATES et ERASMUS, les étudiants qui souhaitent redécouvrir leurs langues et cultures d’origine et ceux qui étudient une ou plusieurs des langues du Proche et Moyen-Orient telles que l’arabe, le persan et le turc. Certains étudiants viseront les carrières dans les sociétés et les ONG travaillant dans la région, ou bien les recherches en discipline de sciences sociales. Par ailleurs, la reconnaissance de la langue kurde comme deuxième langue nationale en Irak, la création d’une région fédérale kurde dans ce pays, pourraient offrir à l’avenir des perspectives professionnelles aux étudiants. Par ailleurs, la question kurde joue un rôle important dans les discussions d'accession de la Turquie à l’Union Européenne.

dimanche 18 mai 2008

Musique traditionnelle du Kurdistan Iranien



Concert de musique traditionnelle d'Iran
Dimanche 25 mai 2008
Théâtre Adyar
de 18h00 à 20h00
Avec
L'ensemble Mastan
Invité du Kurdistan iranien et dirigé par
Maître Abdulreza Rahnama


Maître Rahnama...................Tanbur
Nergas Lhoshfeker...................Chant
Forod Khamoshian....................Oud
Navid Ghazvinai................Tar, Setar
Negar Kharkan.................Kamanshé
Ahmad Yahyazadeh......Tombak, Daf

La Maison du Daf vous invite à découvrir l'ensemble Mastan, invité du Kurdistan iranien et dirigé par Abdulreza Rahnama, grand maître du tanbur. Composé de cinq musiciens et d'une chanteuse, l'ensemble interprétera les musiques classiques et traditionnelles du monde iranien.

Abdulreza Rahnama est né à Kermanshah en 1963, dans le Kurdistan iranien. Initié à la musique dès l'âge de 2 ans au sein de sa famile maternelle, il se consacre au tanbur et deviendra l'élève du grand maître soufi Amrollah Shah Ebrahimi de Kermanshah. Dans les années 90, il tourne dans le monde entier avec Sharam Nazeri et participe à de nombreux enregistrements. En 1991, il se produit au Théâtre de la Ville à Paris. Aujourd'hui, il joue ses propres compositions et dirige l'ensemble Mastan. Dans son atelier de fabrique d'instruments, il se consacre à la recherche sur la facture instrumentale du tar, du setar et du tanbur, instruments qu'il fabrique lui-même et qu'il vend à la commande dans le monde entier.

Réservations et pré-ventes:
01 45 51 44 27 / 06 22 83 57 17
Théâtre Adyar
4, Square Rapp
75007 Paris
Métro École Militaire (ligne 8)

dimanche 27 avril 2008

Carte d'identité S.V.P.

Je ne suis pas kurde. Non, parce que les 25 millions de kurdes ne peuvent exister, parce que l'Etat du Kurdistan n'existe pas, alors la Nationalité kurde ne peut être.
Je ne suis pas arabe syrienne; car dans le pays où je suis née pour être Syrien il faut forcément être Arabe; au cas où je l'oublierais, l'inscription sur mon passeport me rappelle bien que c'est la République Arabe Syrienne.
Je ne suis pas française; car aux yeux de la Loi, du Préfet de Paris, du Ministre de l'Immigration et de l'Intégration et du Président de la République Française, je ne peux avoir la Nationalité Française.

Je suis née dans une ville kurde, car dans les rues de cette ville on n'entendait que la langue kurde, mes oreilles de bébé n'ont entendu et enregistré que du kurde.
J'ai grandi dans une des plus grandes et des plus importantes villes du Monde Arabe, mes voisins et mes camarades de jeux parlaient et étaient arabes.
Depuis 12 ans je suis citoyenne parisienne, le français que je parle n'a d'autre accent que celui des boulevards parisiens.

Pouvez-vous m'aider à chercher l'erreur dans cette histoire?

Plus que jamais Ni d'Ici, Ni d'Ailleurs.

mercredi 23 avril 2008

Fawaz HUSSAIN : Chroniques boréales


Chroniques boréales
Récit



Extrait où des immigrés originaires d’une extrémité et d’autre de la Terre, et échouées dans ce pays polaire qu’est la Suède, tentent de lutter contre un ennemi aussi pernicieux que celui qui les a poussé loin de leur terre natale: la Solitude.

« Lorsque j’étais étudiant à Paris, j’avais un ami mexicain. Il s’appelait César et faisait à l’époque des études de droit. Il voulait débarrasser l’Amérique de Sud de tous ses tyrans. Dans sa petite chambre à la Cité Universitaire, j’écoutais souvent El pueblo unido jamas sera vencido. Etant d’origine kurde, je chérissais autant que César dans les chansons des Américains du Sud les mots de liberté, révolution, justice, d’amour et d’amitié. Je pouvais facilement comprendre ces mots-là et les besoins des peuples meurtris.
Patricia et Carlos viennent tous deux du centre du Chili. Elle, de la capitale, Santiago, et lui d’une ville qui donne sur la mer et qui a les syllabes du paradis : Valparaiso. La musique les a liés pour toujours. Ils jouent et dansent dans deux groupes dont les noms remontent loin, très loin, dans l’histoire du continent américain.
Patricia me parle comme César le faisait à Paris, il y a une quinzaine d’années. Sachant la culture indienne menacée, elle veut en faire connaître les couleurs aux habitants de la Botnie et du monde entier, si bien sûr elle le peut. Leurs deux groupes sont ouverts à tous les compatriotes chiliens, c’est-à-dire, à tous les citoyens du monde. Le mot « patriotisme » reçoit de toute évidence un sens nouveau.
Patricia et Carlos veulent jouer, chanter, se faire et me faire plaisir. Ils choisissent un poème de Violeta Parra, née en 1917 à San Carlos, au cœur du Chili. […]
Pablo arrive avec quatre jeunes Suédois, des compatriotes. Sven, l’un d’entre eux, prend la guitare et nous chante de vieilles chansons de son terroir, très mélancoliques. Il connaît la mélodie de El pueblo unido jamas sera vencido, mais il en ignore les paroles. Patricia en donne la traduction. Il s’agit encore et toujours de la lutte pour la liberté, l’amour, une vie meilleure, la sérénité.
En Botnie, on ignore les tyrannies et la misère qui terrorisent la plus grande partie de la planète Terre, mais un ennemi pourtant y guette tous, Suédois et étrangers. Cet ennemi demeure invisible, silencieux, pernicieux. Il a le visage de l’indifférence.
En Botnie, nous avons grand besoin de ce magnifique refrain venu de très loin : El pueblo unido jamas sera vencido. Nous en avons besoin plus qu’en Amérique Latine, au Kurdistan ou n’importe quel autre coin reculé du vaste monde.
Ed. L'Harmattan, Lettres Kurdes

Ouvrages écrits par Fawaz Hussain

Le Fleuve

Réédition Motifs, Paris, 2006




Quatrième de couverture:
Récit de l'errance d'un Kurde originaire de la ville martyre d'Halabja dans la société occidentale contemporaine, Le Fleuve raconte son tiraillement entre ses racines de poussière et de sang et son univers de rescapé installé à l'ouest de l'Europe.
"Fawaz Hussain, français d'origine kurde, cueille quelques pages de ses souvenirs dans Le Fleuve. Tout Kurde est déplacé, tout cours d'eau de là-bas est à sec. L’auteur écrit : "Ma vie est à présent un cimetière ravagé par les herbes folles, balayé par les vents." Le livre n'est qu'une mince esquisse de cent dix pages. On aurait souhaité un volume trois fois plus épais, pour le moins. "
Alain Bosquet, Le Figaro littéraire, 29 mai 1997.

L'Harmattan, 2000


Quatrième de couverture:
"Lulea a tout d'une ville absente, enfin, d'une topographie factice. C'est une ville située sur la côte ouest du golf botnique où le froid et la solitude dictent leur loi. Ici, le printemps et l'été ne durent pas à eux deux plus de trois mois. Ils disparaissent comme des cambrioleurs pour laisser la place aux interminables enquêtes et interrogatoire de l'hiver. La nuit qui terrorise la ville libère les forces sauvages du vent qui balaye les rues désertes et siffle sinistrement dans les branches des bouleaux et des pins.
Je me trouve à Lulea par erreur. J'y interroge la mémoire peu fiable du vent et écris la chronique des ténèbres. C'est une tâche bien ingrate et absurde, car je n'aime pas les chroniques et puis, il s'avère que moi, le Kurde, je suis très attaché à la lumière du jour et à la complexité de la vie parisienne. "

Chroniques boréales est le journal dans lequel l'auteur relate ses combats livrés contre la solitude et la gerçure au nord de la Suède.


Prof dans une ZEP ordinaire
Editeur : Le Serpent à Plumes, publication : 11/5/2006



Quatrième de couverture:
Dans la Mésopotamie lointaine, un prêtre syriaque prédit un avenir brillant à un élève kurde en CE 1 qui réussit à compter jusqu'à dix en français. Une fois muni de son passeport et d'une licence de lettres, le jeune Kurde arrive à Paris où il a la ferme intention de réaliser la prophétie. Il poursuit des études poussées à la Sorbonne. Un jour, il est contacté par le rectorat de Créteil qui l'envoie comme contractuel en Seine Saint-Denis. La nouvelle recrue est parachutée dans un lycée ayant la réputation d'être le plus difficile des zones d'éducation prioritaire. Sans se décourager, le Kurde, devenu Français entre temps, se prend à la fois pour Henri de Navarre et Rastignac. Il lance un défi à Paris et à sa banlieue. Alors qu'il tape une lettre de remerciements à l'inspecteur d'Académie qui lui a permis de travailler pour l'Etat au sein du corps professoral, il constate que le vérificateur orthographique de son ordinateur ne reconnaît pas le mot 'Créteil' et propose de le remplacer par 'crétin'. Suit une série de mots pour le moins inquiétants : crétiniser, crève-la-faim, crevaison, crevé... Son voyage au cœur de la banlieue et de ses réalités ne fait, alors, que commencer.

Extraits de "Prof dans une ZEP ordinaire"
« Un jour, j'avais six ou sept ans, mon père est rentré du marché avec trois cartables de couleurs différentes. Puisque j'étais le plus jeune, il m'a permis de choisir le premier. Mes deux demi-frères habitaient dans notre village natal avec leur mère. Ils allaient désormais vivre avec nous en ville, à Amouda. Mon père nous a demandé de le suivre. Juste après le pont qui unit les deux parties de la ville, il y avait la Sublime Porte, [...] »


Les Sables de Mésopotamie
éd. du Rocher, 2007



Quatrième de couverture :
«Les Sables de Mésopotamie, récit d'une enfance, est un beau récit d'une grande fraîcheur. Le ton est juste, primesautier et dans le regard que l'enfant porte sur le monde apparaît la faculté de s'étonner et un ardent désir d'y participer. Il se trouve que l'auteur est né kurde, donc issu d'une société minoritaire et qu'il nous initie, chemin faisant, à toute une tradition, avec ses codes, ses croyances, sa réalité quotidienne et ses rapports avec les autres groupes ethniques. Il nous donne à voir, avec beaucoup de talent et dans un style plein de charme ce qu'était la société kurde de Syrie dont les frontières furent fixées par la France lorsque celle-ci, au lendemain de la Première Guerre mondiale, devint puissance mandatrice du Levant.
À mes yeux, Les Sables de Mésopotamie, qui charrie tout un univers inscrit dans des strates anciennes dans un style tout à la fois précis et poétique est une réussite littéraire.
Fawaz Hussain est un écrivain français, d'origine kurde, dont la patrie s'est réfugiée dans le langage.»
Gérard Chaliand

dimanche 20 avril 2008

Fawaz HUSSAIN : écrivain et traducteur kurde


Fawaz Hussain


écrivain et traducteur, est notamment l'auteur de :
Le Fleuve, récit, éd. Méréal, Paris, 1997, réédition Motifs, Paris, 2006
Chroniques boréales, récit, L'Harmattan, 2000
Prof dans une ZEP ordinaire, Le Serpent à Plumes, 2006.
Les Sables de Mésopotamie, éd. du Rocher, 2007

Fawaz Hussain est né en 1953 dans un village kurde du nord-est de la Syrie. Après une licence en Lettres obtenue à l’Université d’Alep, il arrive à Paris en 1978 afin de poursuivre des études supérieures à la Sorbonne d’où il en ressort Docteur ès lettres en 1987. De 1993 à 2000, il séjourne en Suède, il y travaille à l'Institut français de Stockholm, il devient ensuite maître de conférences à l'université de Lulea, en Laponie suédoise, pas très loin du cercle polaire. Son premier livre en français Le Fleuve est paru aux éditions Méréal à Paris en 1997. En Suède, il publie une trentaine d'articles, en suédois, dans la presse nationale et régionale. Ce séjour nordique lui inspirera le récit des Chroniques boréales, publié chez L’Harmattan à son retour en France en 2000. De 2002 au 2005, il est contractuel auprès du rectorat de Créteil dans les lycées professionnels en Seine-Saint-Denis, cette expérience lui inspirera le roman Prof dans une ZEP ordinaire publié en 2006 aux éditions Le Serpent à Plumes.
Profondément attaché à ses racines kurdes ainsi qu’à la culture et à la littérature française, il entreprend un travail de traduction de différentes œuvres littéraires et historiques. Il traduit en kurde L'Étranger d'Albert Camus (Biyanî, Stockholm, éditions Nûdem, 1995) et Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry (Mîrzayê Biçûk, Stockholm, éditions Nûdem, 1995) ainsi que Kurdên Haymanayê, Les Kurdes de l'Haïmaneh, texte de Georges Perrot publié dans La Revue des Deux Mondes en 1865, traduit, préfacé et annoté en kurde et publié à Stockholm en 2000 aux Éditions Apec. En 2005, il traduit en kurde La marche têtue et du Feu nomade, Meşa bi serhişkî û Agirê Koçer, de Gérard Chaliand. Il traduit aussi la littérature en langue kurde vers le français, notamment le roman de Mehmet Uzun, Siya Evîné, (La poursuite de l'ombre, Paris, éd. Phébus 1999).
Et publie aussi en kurde une Introduction à la littérature française du XVIIe et XVIIIe siècle (Dîroka edebiyata fransî ya sedsala hivdehan û hijdehan, éditions APEC, 1998, Stockholm).
Dans son dernier roman, Les Sables de Mésopotamie (Paris éd. du Rocher, 2007), l’auteur revient sur son enfance kurde en Syrie.
Fawaz Hussain collabore aussi à la revue Etudes Kurdes publiée par l'Institut Kurde de Paris et l’Harmattan.

Langues parlées :
Le kurde (langue maternelle), le français, l'arabe, le persan, l'anglais, le suédois

mardi 15 avril 2008

Ni d’ici ni d’ailleurs

Ni d’Ici Ni d’Ailleurs, ou le mal qui peut saisir n’importe quel immigré, dans n’importe quel pays, quelques soient les raisons qui l’ont poussé loin de sa terre. Juste une enquête sur mes racines et ma terre d’accueil, afin de mieux les connaître, les comprendre et les accempter ; et ceci dans l'espoire de voir un jour la négation de «Ni d’Ici Ni d’Ailleurs» s'annuler et pouvoir enfin construire une identité où fusionne l’Ici et l’Ailleurs.